De
nombreux dirigeants négligent les avantages fiscaux et sociaux des différents
dispositifs d'épargne salariale.
Pourtant,
« l'épargne salariale est un mécanisme collectif sans équivalent d'association
à la performance d'autant plus précieux pour le chef d'entreprise qu'il peut en
profiter à titre individuel ». Au moins cinq arguments méritent réflexion.
Des dispositifs variés
Négocié
pour une durée de trois ans, l'intéressement est ouvert aux dirigeants de
structures employant de 1 à 249 salariés dans la limite de 20 % de la masse
salariale. Et la prime versée à chaque bénéficiaire (répartie uniformément ou
au prorata du salaire) est limitée à 50 % du Pass* (18.774 euros cette année).
La
participation est, quant à elle, ouverte au chef de TPE-PME de 1 à 49 salariés
(obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés). Elle peut également
profiter aux conjoints collaborateurs, associés, et, pour les personnes morales
soumises à l'IS, aux présidents, directeurs généraux, gérants ou membres du
directoire (dans la limite de 75 % du Pass*par bénéficiaire, soit 28.161 euros
en 2014).
Autre
avantage, il peut dans tous les cas abonder ses versements et ceux de ses
salariés dans les limites autorisées dès lors que l'intéressement ou la
participation sont versées dans un PEE (plan d'épargne entreprise) ou un Perco
(plan d'épargne retraite collectif).
Un outil de politique
sociale
Ces
dispositifs permettent au dirigeant de « motiver le personnel tout en
renforçant la cohésion sociale et en optimisant la rémunération de ses salariés ».
En effet, l’intéressement est fonction des objectifs : commerciaux, de
rentabilité….La participation, quant à elle est tributaire du résultat de l’entreprise.
Un levier fiscal pour
l'entreprise…
Les
primes
versées au titre de l'intéressement, de la participation et de l'abondement sont soumises à la CSG-CRDS de 8 %, mais exemptes de
charges et déductibles de l'impôt sur les sociétés. En sus, tout accord
d'intéressement (ou avenant améliorant un précédent accord), validé avant le 31
décembre 2014, ouvre droit à un crédit d'impôt équivalant à 30 % des sommes
versées à ce titre. Les entreprises sont néanmoins redevables d'un
forfait social de 20 % (pourrait être amendé au gré de la prochaine
refonte de l'épargne salariale en cours).
. … et pour le patrimoine
individuel
Dès
lors qu'il touche à titre individuel une prime d'intéressement ou de
participation, le chef d'entreprise peut, comme ses salariés, la transformer en
épargne personnelle bonifiée (par l'éventuel abondement) et défiscalisée.
«
Un indépendant imposé à 30 % et soumis à 30 % de charges patronales touchera en
net 512 euros pour un bénéfice initial de 1.000 euros contre 767 euros pour la
même somme de participation épargnée ». Il aura alors le choix entre trois
placements exonérés d'impôt : le CCB (compte courant bloqué cinq ans, non
abondé et réservé à la participation), le PEE (investi en fonds communs de
placement d'entreprise - FCPE - diversifiés pour une durée de cinq ans minimum)
ou le Perco (bloqué jusqu'à la retraite).
Une aide au développement
Le
PEE, susceptible d'être investi en titres de l'entreprise (dans ce cas, il
profite d'un plafond d'abondement majoré de 80 %), peut contribuer, via l’actionnariat
salarié, à l'essor de la PME.
L'épargne
salariale est un outil d'optimisation sociale, fiscale et financière sans
équivalent, tant sur le plan collectif qu'individuel, y compris pour le chef d’entreprise.