Fléchir ou se fâcher ? Pas
facile d'adopter la juste attitude face à des personnes qui flirtent avec le
mensonge. Ils se défaussent sur tout, mettant votre autorité à mal. Comment
reprendre la main? Pas question d'en être la victime, ni de laisser filer par
crainte d'un conflit. Voici six voies possibles pour vous en sortir la tête
haute.
1.
Manier l'humour ou l'ironie. Pierre en est au nième bobard
pour justifier son retard. Paul n'a, une fois de plus, pas respecté les
procédures de SAV qui l'enquiquinent et botte en touche : " Ton client est
trop difficile, je n'ai pas pu appliquer les consignes. " Quant à Jacques,
il jure qu'il n'a jamais accepté de prendre ses congés à tel moment. Attention
à ces petits malins qui usent vos nerfs. Et plombent l'ambiance dans l'équipe.
Ils bluffent, mais vous n'avez
pas de témoins. Ne réagissez pas à chaud. Prenez-les à leur propre jeu en
usant, vous aussi, de biais. " C'est encore la nounou qui n'est pas arrivé
à l'heure ? " Le bénéfice sera double. Vous ne prenez pas l'autre de front
et vous lui passez le message : " Je ne suis pas dupe et je vous attends
au tournant. "
2.
Rappeler les faits. Replacez ces éléments dans leur contexte afin
d'activer ses souvenirs. Vous n'avez pas de preuves, mais une bonne mémoire. Et
lui aussi en a une. Alors, ne vous privez pas de lui dire en tête à tête.
" Tel jour, à 8 h on s'est vus à mon bureau, tu t'es engagé à ne prendre
tes RTT qu'après avoir bouclé tel dossier ! ". Ou " on s'est croisés
au self, rappelles toi c'était le jour paella, et tu m'as dit que tu pouvais le
faire ! ". Cela peut suffire à le faire réagir - " Ah oui, j'avais
zappé " - et à l'inciter à marcher droit.
3.
Reformuler ses demandes. A chacune de vos demandes (ou ordres),
sondez votre interlocuteur. " Est-ce que tu as bien compris ? "
" Est-ce clair pour toi ? ". Puis sollicitez une reformulation de sa
part. Cela l'impliquera davantage. Je préconise aussi de confirmer par mail.
" Comme nous en avons convenu ce jour, à tel heure, tu me rends le dossier
Y à telle date... "
4.
Engranger des archives. Le mieux c'est de stocker des preuves
irréfutables. En temps utile, elles vous serviront à révéler la diversité des
versions et les contradictions. Dès lors, systématisez le recours à l'écrit.
Envoyez des mails, notez sur un petit calepin les engagements pris, les
échéances, etc.
5.
Recadrer fermement. C'est l'étape ultime lorsque la mauvaise foi
est avérée et qu'elle ne cesse de se répéter. Vous avez des preuves. Il faut
convoquer votre collaborateur.
Deux possibilités s'offrent à
vous :
1/
Souligner le cumul des ambigüités de comportement.
Allez-y franco. " Le décalage n'est pas acceptable. Il est important que
tu fasses ce que tu dis et que tu dises ce que tu fais ! ",
2/
En cas de flagrant délit de mensonge, avertir la DRH, expliquer la situation à
l'intéressé et donner un blâme ou une sanction.
6.
Garder de la souplesse. Je conseille au manager directif de
tolérer des entorses à la vérité, deux ou trois fois par an par exemple. Car la
mauvaise foi a ses bons côtés. Elle peut aider à réduire les tensions, en
évitant les justifications interminables ou le clash. Après tout si l'entité
tourne malgré de mini-entourloupes qui camouflent des ratages, inutile de se
braquer.

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